DiamantagePerlant

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En Serbie, on prie traditionnellement pour les morts en avril 1944, ainsi que pour les victimes des bombardements encore plus violentes de 1999. Les uns et les autres sont victimes innocentes de la géopolitique sur les scénarios occidentaux.

« Pâques sanglantes » sur la balance géopolitique

« Pâques sanglantes » sur la balance géopolitique

Par La Voix de la Russie | Le bombardement de la capitale de Yougoslavie Belgrade, effectué par les armées de l'air anglo-américaines, a eu lieu le 16 avril 1944, jour de Pâques orthodoxes. Cet événement est entré dans l’histoire sous le nom de « Pâques sanglantes ». 

Plus de 1000 civils belgradois ont été tués dans ces bombardements. Les raids aériens massifs contre la capitale yougoslave se sont poursuivis jusqu’au 18 septembre 1944. Notre observateur Piotr Iskenderov se souvient de ce chapitre tragique de l’histoire serbe et européenne.

Le commandement des alliés occidentaux justifiait les bombardements de masse contre Belgrade par la nécessité de détruire un centre de transports important sur les Balkans. C’est par ce même centre allemand qu’étaient réacheminée une partie considérable des cargaisons militaires et industrielles.

Par l’ironie du sort, les B-24, bombardiers américains aux lourdes bombes de deux tonnes qui portaient un nom évocateur « Liberator » (« Libérateur »), ont joué un rôle primordial dans les bombardements débutés à midi (l’heure des offices de Pâques).

Les bombes n’étaient pas larguées autant et d’autant plus sur les sites industriels, militaires et de transport. La différence entre les bilans dans les bombardements du 16 avril 1944 est également significative. En ce qui concerne la population civile de Belgrade, les attaques ont fait près de 1160 morts contre 200 morts de la part des Allemands installés dans la capitale yougoslave.

Au printemps de 1944, les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont commencé à considérer la Yougoslavie non comme leur allié dans la lutte contre l’Allemagne nazie, mais comme leur rival géopolitique futur. Il ne faut pas s’attendre à une approche morale ni à l’attachement au droit international là où la géopolitique se mêle.

Dans les décennies qui ont suivi, surtout dès le début des années 1990, les Serbes ont dû subir encore une fois la puissance de la coalition militaire occidentale qui agissait désormais sous les drapeaux de l’OTAN. Il s’agissait de réaliser le scénario visant entre-autre à réexaminer les bases internationales et juridiques de l’Europe de l’après-guerre, a souligné àLa Voix de la Russie Anna Filimonova, expert du Centre de l'étude de la crise balkanique moderne à l’Institut des études slaves à l’Académie des sciences de Russie.

A mon avis, les conséquences les plus sérieuses de ces processus sont: le rôle primordial joué par l’OTAN dans les relations internationales, l’écroulement du droit international et du système apparu après les conférences de Yalta et de Postdam. Malheureusement, le monde est entré dans une nouvelle phase où le rôle principal dans les relations internationales revient à l’OTAN et exclusivement au facteur de force. Je crois que c’est la conséquence principale de ces événements.

Quant à la Serbie, on prie traditionnellement pour les morts en avril 1944, ainsi que pour les victimes des bombardements encore plus violentes de 1999. Les uns et les autres sont victimes innocentes de la géopolitique sur les scénarios occidentaux.

 


17/04/2014
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