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Thierry Meyssan, analyse sur : Serbie, Syrie, Iran.....

Thierry Meyssan répond aux questions du news magazine serbe Geopolitika. Il revient sur son interprétation du 11-Septembre, sur les événements en Syrie, et sur la situation actuelle de la Serbie.

 

Article entier sur :

http://www.voltairenet.org/article176815.html

 

 

Geopolitika : Comment voyez-vous le rôle de la Russie dans le conflit syrien et comment voyez-vous le rôle du président de Russie, Vladimir Putin, qui est largement diabolisé par la presse occidentale ?


Thierry Meyssan : La diabolisation du président Poutine par la presse occidentale est l’hommage du vice à la vertu. Après avoir redressé son pays, Vladimir Poutine entend lui rendre sa place dans les relations internationales. Il a basé sa stratégie sur le contrôle de ce qui devrait être la principale source d’énergie au XXIe siècle : le gaz. D’ores et déjà Gazprom est devenue la première compagnie mondiale de gaz et Rosneft la première pour le pétrole. Il n’a évidemment pas l’intention de laisser les États-Unis faire main basse sur le gaz syrien, ni d’ailleurs de laisser l’Iran exploiter son propre gaz sans contrôle. Par conséquent, il se devait d’intervenir en Syrie et de faire alliance avec l’Iran.

 

En outre, la Russie est en train de devenir le principal garant du Droit international, alors que les Occidentaux revendiquent au nom d’une morale de pacotille de violer la souveraineté des nations. Il ne faut donc pas craindre la puissance russe, car elle sert le Droit et la Paix.

En juin dernier, Sergey Lavrov a négocié un plan de paix à Genève. Il a été ajourné unilatéralement par les États-Unis, mais devrait en définitive être mis en œuvre par Barack Obama durant son second mandat. Il prévoit le déploiement d’une Force de maintien de la paix de l’ONU, composée principalement de troupes de l’OTSC. De plus, il admet le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad si le peuple syrien le décide par la voie des urnes.

 

Geopolitika : Que pensez-vous de la situation en Serbie et du chemin difficile parcouru par la Serbie ces deux dernières décennies ?


Thierry Meyssan : La Serbie a été épuisée par la série de guerres à laquelle elle a dû faire face, particulièrement la conquête du Kosovo par l’OTAN. Il s’agit en effet d’une guerre de conquête puisqu’elle se conclut par l’amputation du pays et la reconnaissance par les membres de l’OTAN de l’indépendance unilatérale de camp Bondsteel, c’est-à-dire d’une base de l’OTAN.

 

Une majorité de Serbes a cru devoir se rapprocher de l’Union européenne. C’est ignorer que l’Union européenne est la face civile d’une pièce unique dont l’OTAN est la face militaire. Historiquement l’Union européenne a été créée en application des clauses secrètes du Plan Marshall, elle a donc précédé l’OTAN, mais elle n’en est pas moins un élément du même projet de domination anglo-saxon.

 

Il se peut que la crise de l’euro conduise à une dislocation de l’Union européenne. Dans ce cas des États comme la Grèce et la Serbie se tourneront spontanément vers la Russie avec laquelle ils partagent de nombreux éléments culturels et une même exigence de justice.

 

Geopolitika : On suggère à la Serbie de façon plus ou moins directe de renoncer au Kosovo pour pouvoir rentrer dans l’Union Européenne. Vous avez une grande expérience dans les relations internationales, et nous vous demandons sincèrement si vous pouvez nous donner un conseil sur ce que les Serbes devraient faire en politique intérieure et extérieure ?


Thierry Meyssan : Je n’ai de conseils à donner à personne. Pour ma part je déplore que certains États aient reconnu la conquête du Kosovo par l’OTAN. Depuis, le Kosovo est surtout devenu la plaque tournante pour la diffusion en Europe des drogues cultivées en Afghanistan sous la protection vigilante des troupes US. Aucun peuple n’a gagné quoi que ce soit à cette indépendance et certainement pas les Kosovars désormais asservis par une mafia.

 

Geopolitika : Il existait entre la France et la Serbie une alliance forte qui a perdu son sens quand la France a participé dans les bombardements de la Serbie en 1999 dans le cadre de l’OTAN. Cependant, en France et en Serbie, il existe toujours des personnes qui n’oublient pas « l’amitié par les armes » de la Première Guerre mondiale, et qui pensent qu’il faudrait redonner de la vie ces relations culturelles brisées. Est-ce que vous partagez cette vue ?


Thierry Meyssan : Vous savez que l’un de mes amis, avec lequel j’ai écris Le Pentagate relatif à l’attaque du Pentagone le 11-Septembre avec un missile et non pas un avion fantôme, est le commandant Pierre-Henri Bunel. Il a été arrêté durant la guerre par l’OTAN pour espionnage au profit de la Serbie. Par la suite, il a été restitué à la France qui l’a jugé et condamné à deux ans de prison ferme au lieu de la perpétuité. Ce verdict montre qu’il avait agi en réalité sur ordre de ses supérieurs.

 

La France, membre de l’OTAN, a été obligée de participer à l’attaque de la Serbie. Mais elle l’a fait en traînant les pieds et en aidant secrètement plus souvent la Serbie qu’elle ne l’a bombardée.

Aujourd’hui la France est dans une situation pire encore. Elle est gouvernée par une élite qui, pour protéger ses acquis économiques, s’est mise au service de Washington et de Tel-Aviv. J’espère que mes compatriotes, qui partagent une longue histoire révolutionnaire, finiront par chasser du pouvoir ces élites corrompues. Et que dans le même temps la Serbie aura retrouvé son indépendance effective. Alors nos deux peuples se retrouveront spontanément.



08/12/2012
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